Après avoir vu ses parents se faire massacrer par le sorcier Thulsa Doom, le jeune Conan est emmené à "la roue de la douleur" puis se retrouve lâché dans la nature, tel une bête. Eduqué par d'autres guerriers, Conan est à nouveau libre et récupère l'épée de Crom, Dieu du fer. Après avoir rencontré deux brigands sur sa route, qui vont devenir ses alliés, il n'a qu'un seule chose en tête: tuer Thulsa Doom.
S'inspirant à la fois des écrits de Robert E.Howard mais aussi d'une BD exploitant le fameux Cimmérien, le film de Milius n'hésite pas à trahir l'univers de Howard mais réussit à imposer un style formidable, une nouvelle vision de l'Heroic Fantasy à la fois violente et adulte. Un univers à part entière, unique et malheureusement peu mis en image au cinéma, surtout quand on sait que d'infâmes "sous-Conan" se sont succédés après la sortie de "Conan le barbare" mais aussi une suite ridicule réalisée par Richard Fleischer, qui adaptera également un autre personnage de Howard, à avoir Red Sonja dans un film sympathique mais faible.
Se situant dans un monde à la fois magique et brutal, "Conan le barbare" n'hésite pas à commencer en fanfare avec le massacre d'un village par le terrible Thulsa Doom (James Earl Jones, la "voix" de Dark Vador), un sorcier sanguinaire qui tuera sans pitié les parents du jeune Conan, un enfant faible et quasi muet qui se verra "élevé" avec les autres enfants par "la roue de la douleur", les transformant en montagne de muscles décérébrés. Conan est livré à un groupe de guerriers qui lui apprendra les joies du combat, de la lecture et du sexe. Conan sera poussé à partir, dérobant dans une grotte l'épée du Dieu Crom, qu'il vénérera à partir de ce moment.
Il va rencontrer sur son chemin deux brigands dont la sublime Valéria, qui deviendra sa compagne. Mais Conan apprend que Thulsa Doom est toujours vivant et fait régner la terreur en multipliant de nombreuses cérémonies de sacrifices. Par la suite, Conan est envoyé en mission par le Roi Osric, réclamant sa fille, une jeune princesse belle et naïve qui a pris le parti de Thulsa Doom. Il faut d'abord souligner l'incroyable climat de barbarie et d'ultra violence régnant pendant toute la durée du métrage, accumulant les combats sanguinolents comme aucun film d'Heroic Fantasy n'a osé le faire. Et c'est ce qui fait la première force du film, en plus d'un excellent casting et de beaux décors naturels.
Pour la forme citons quelques scènes mémorables et justement très violentes comme l'attaque du village bien évidemment mais aussi le massacre de l'orgie (où on pourra remarquer la présence d'une soupe de chair humaine !), le très saignant combat final dans le domaine des menhirs qui restera dans les mémoires ou le duel final entre Conan et Thulsa Doom.
Beaucoup d'Heroic donc, mais où est la Fantasy ? Eh bien on pourra se souvenir d'une rencontre difficilement oubliable avec une sorcière vampire, un combat court mais sanglant avec un serpent géant et la présence de fantômes agressifs. Autre élément primordial du film, la musique de Basil Poledouris, tout simplement inoubliable. Un ton "guerrier" et brutal qui convient parfaitement à l'ensemble, illustrant avec brio l'univers de Conan. Bref du pur bonheur !
L'univers mise en place par Milius rappelle directement les peintures de Frazetta, qui a souvent illustré le fameux barbare, "Conan le barbare" étant le seul film d'Heroic Fantasy qui a réussi à mettre en images le formidable univers du fameux peintre. Ce n'est pas par hasard si Frazetta dessinera l'affiche française du film, eh oui !! Fresque épique, cruelle, érotique, d'une violence inouïe, "Conan le barbare" peut se targuer d'être l'un des meilleurs films d'Heroic Fantasy jusqu'à l'arrivée de la trilogie de Peter Jackson. On finira sur une phrase de Nietzsche présente dans le film : "Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort".